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    Comment les PM d'Aircall pilotent leur impact avec la data

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall, raconte le passage des metrics produit aux objectifs business. Le déclencheur, les deux effets de bord et le ratio quanti/quali retenu.

    5 min de lecture

    Avec les contributions de :

    Adrien UrlacherDirector of Product @ Aircall

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall, raconte comment ses équipes sont passées des metrics produit aux objectifs business. Le déclencheur, les deux effets de bord non anticipés, le ratio quanti/quali retenu, et pourquoi la mise en forme de la donnée compte autant que la donnée.

    1. Courir dans le noir

    Sans data, une équipe produit reste convaincue qu'elle peut décider à l'instinct.

    "J'ai été dans des boîtes où quand t'as pas de data, t'es persuadé que tu peux faire sans. C'est la métaphore du mec qui court dans le noir."

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall
    Le changement chez Aircall n'est pas venu d'un outil. Il est venu d'un changement de direction.

    "Chez Aircall, on est passé sous un leadership très américain et west coast. Ils demandent aux PM d'être meilleurs, on doit être capable de gérer de la data."

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall

    Aircall : plus de 800 employés en 2024. Une équipe Data Analytics dédiée. Des Product Analysts rattachés à des scopes définis. L'exigence porte sur la priorisation et sur l'usage réel de la donnée.

    Tous les PM doivent avoir une idée de l'impact de leurs releases. Les estimations et les forecasts sont faits en amont, pas après.

    2. Des metrics produit aux objectifs business

    Le premier virage a consisté à sortir des seules métriques produit. Regarder l'usage sans regarder le revenu fausse la priorisation.

    "Avant on regardait surtout les metrics product, mais ça donne une vision de ton produit qui est un peu décorrélée de ton business. Et tu risques de ne pas forcément prioriser la feature qui ramène de l'argent par rapport à l'autre. On l'a fait une fois entre Français et on s'est pris un mur. Et on l'a retenté avec les Américains et là ça a marché."

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall
    La première tentative a échoué. Ce n'est pas un déploiement réussi du premier coup.

    3. Le déclencheur a été le CEO

    L'adoption n'a pas été portée par l'équipe produit seule.

    "Il a fallu qu'on ait un CEO un peu plus data driven pour que ça prenne. Aujourd'hui on a quelque chose qui tient vraiment la route. On est capable de faire des ad hoc queries porteuses en disant : les objectifs de la boîte c'est ça, les objectifs de la tech c'est ça."

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall
    Deux effets en sortent. Les PM deviennent évaluateurs de leur propre travail, sur l'impact entreprise et non sur leur seul périmètre de feature. Et les équipes go-to-market changent de regard sur la fonction produit.

    "Ça montre aussi aux équipes go-to-market que les PM c'est pas juste des mecs qui s'assoient sur un sofa en se questionnant sur le sens de la vie, un peu le cliché de base."

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall

    4. 20 à 30 metrics à maîtriser

    Lier le produit au business élargit brutalement le périmètre de connaissance attendu des PM.
    Sans vigilance, une équipe arrive vite à 20 ou 30 metrics clés. C'est un gain de compétence, mais Aircall ne l'avait pas anticipé.

    "Ça a demandé aux PM un gros ramp up sur le nombre de metrics qu'ils connaissent dans le SaaS. C'est une bonne chose mais c'est quelque chose qu'on n'avait pas forcément vu venir."

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall

    5. Isoler son impact devient difficile

    Avec des objectifs business, l'équipe s'expose aux perturbations externes. Positives comme négatives.
    Une feature qui ne vend pas peut avoir trois causes. Elle est mal construite, la valeur n'est pas là, ou elle est mal vendue et mal marketée.
    Cela ouvre des discussions de renvoi de responsabilité, du type ma feature est bien, c'est juste que les sales ne la comprennent pas.

    "On a tendance à toujours dire que c'est la faute des autres quand ça ne marche pas, et on est les meilleurs quand on a réussi."

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall
    La réponse d'Aircall est de poser l'échec et la réussite comme communs. Le travail d'explication est permanent.

    6. Trois niveaux d'OKR

    La cohérence tient à une cascade explicite sur trois niveaux.

    1. OKR de boîte

    Le CEO annonce les objectifs de l'entreprise.

    2. OKR de fonction

    Marketing, Sales, Product et Tech.

    3. OKR d'équipe

    Au niveau des PODs.

    7. % de quanti, 30 % de quali

    Découper la discovery en deux moitiés égales, recherche de data d'un côté et échanges utilisateurs de l'autre, est un piège.

    "Le quali tu fais souvent 15 interviews max, et il y a une forte possibilité de faire une inflation de ce que tu as vu. Il suffit de voir 3 clients sur les 15 qui ont le même problème pour te dire : c'est ça la P1. Alors que si tu avais mieux regardé la data tu verrais que c'est seulement 4 % de tes clients."

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall
    Le ratio retenu chez Aircall est de 70 % de quantitatif et 30 % de qualitatif. Le quali sert à affiner, pas à trancher.

    8. Montrer la data ne suffit pas

    Le dernier point porte sur la mise en forme, pas sur la collecte.

    "Les PM présentent souvent beaucoup de data. Il y a une vraie tendance à ne pas faire l'effort de la data viz chez les PM. On considère que montrer de la data suffit, mais non, l'idée est de faire passer un message et faire comprendre les choses. Si la donnée est incompréhensible car on n'a pas fait l'effort de la mettre en forme, ça ne vaut pas le coup."

    Adrien Urlacher, Director of Product @ Aircall

    9. Trois conseils pour une petite structure

    1. Mettre un peu de data tôt

    Attendre d'avoir une équipe dédiée coûte plus cher que commencer petit.

    2. Poser les bases de SQL

    Sans ces fondamentaux, la dette se paie plus tard.

    3. Ne pas équilibrer 50/50

    Le qualitatif sur 15 entretiens produit des faux signaux.

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